L’esprit peut-il contrôler la douleur physique ?

L’esprit peut-il contrôler la douleur physique ?

“Quand vous tombez malade, au lieu de détester ce mal, considérez-le comme votre maître”
-Alejandro Jodorowsky-

 
Le docteur Sarno, professeur de médecine de rééducation de l’École de Médecine de l’Université de New York, affirme que le cerveau génère des douleurs qui n’ont pas de cause biologique, pour que nous prêtions plus attention à notre corps et que de cette manière, nous concentrions notre attention sur les “tensions émotionnelles réprimées”.
Quand on reconnaît les tensions émotionnelles que nous réprimons, les symptômes de la douleur physique diminuent.
Une étude de l’Université de Stanford suggère que l’entraînement cérébral peut réduire la douleur sans recourir aux médicaments.
 
Elle ne fonctionne que lorsque les personnes peuvent contempler en direct, à l’aide d’images de résonance magnétique, leur zone du cerveau en lien avec la douleur.
L’étude démontre que dans certaines circonstances, il est possible de “dominer” notre activité cérébrale et de contrôler l’intensité des douleurs que nous ressentons sans devoir utiliser de médicament.
La technique ouvre de nouvelles voies à des traitements médicaux inédits, même s’il faut savoir qu’elle ne fonctionne pas de la même façon chez tous les individus.
L’association entre une bonne prédisposition à l’acceptation de la douleur et un entraînement mental adapté sont des facteurs clés pour que l’impact de la douleur sur nos vies se réduise. Peut-être que nous ne pouvons pas la faire disparaître, mais en utilisant notre esprit, nous pouvons gagner beaucoup de terrain.
La douleur se trouve dans votre esprit.
 

Curieusement, il a été trouvé que les zones cérébrales qui s’activent quand nous souffrons d’une douleur physique s’allument également quand quelque chose se brise en nous et que nous sommes atteint de trouble et de douleur émotionnels intenses.

Ainsi, dans l’expérimentation de Eysenberg et de son équipe, une situation a été créée : les personnes qui participaient à l’étude se sentaient exclues, sous-estimées et angoissées. L’étude a montré des changements dans l’afflux sanguin de deux zones cérébrales clés :

  • Le cortex cingulaire antérieur est une zone impliquée dans la génération de l’expérience aversive à la douleur physique. On a trouvé que plus l’angoisse était grande, plus l’activité dans la zone était grande.
  • Le cortex pré-frontal était moins actif quand la douleur émotionnel était moindre.

Comme nous le voyons, le cortex cingulaire antérieur est la zone qui élabore ce type de sentiments d’angoisse, de peine et de peur du vide émotionnel, provoqués par la perte, la trahison ou le rejet.

De son côté, le cortex pré-frontal se charge de réguler nos émotions et de contrecarrer le sentiment douloureux d’être rejeté, contribuant ainsi à calmer la douleur générée par notre blessure émotionnelle.

la circonvolution du cortex cingulaire a trois zones émotionnelles différentes :

  • La zone antérieure, qui est responsable de l’élaboration des sentiments et des émotions négatives (attention ! qu’elles soient négatives ne veut pas dire qu’elles sont mauvaises. Par exemple la tristesse est bonne à partir du moment où elle n’est pas pathologique).
  • La zone centrale, qui intègre nos émotions et nos pensées.
  • La zone postérieure, qui génère nos sentiments et nos émotions positives.

Par exemple, la zone cingulaire centrale s’active pendant l’excitation sexuelle chez les hommes et face à toute tâche ou activité stressantes et qui demandent une grande attention de notre part.

Sachant cela, nous pouvons comprendre que les neurotransmetteurs (substances qui régulent les fonctions cérébrales) souffrent d’un gros abattement lors des moments émotionnellement difficiles.

Il est intéressant de savoir qu’aussi bien les antidépresseurs que les autres drogues qui stimulent le moral agissent sur notre cerveau en régulant ou en réduisant l’activation de la zone cingulaire antérieure, dont nous avons dit qu’elle était impliquée dans l’activation des émotions et des sentiments négatifs.

La conclusion de toutes ces informations est que la douleur physique et la douleur émotionnelle partagent le même chemin dans le cerveau.

C’est pour cela que nous ne devons pas sous-estimer les blessures émotionnelles et les guérir d’une manière ou d’une autre, et “en plein air”.

Que l’on ait le cœur brisé ou qu’un ami nous trahisse, cela nous fait extrêmement mal au niveau mental et physiologique.

La grande majorité d’entre nous sera consciente de la déchirure que l’on ressent quand notre première histoire d’amour se termine.

Nous sommes habitués à enterrer la douleur émotionnelle et ne pas faire cas de la souffrance à laquelle nous soumettent les blessures psychologiques.

Cependant, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous n’en faisons habituellement pas cas sauf si nous avons extrêmement mal à la tête ou si l’estomac nous lance.

Agir sur notre bien-être mental et émotionnel, travailler pour comprendre ce qui nous arrive et soulager nos plaintes et nos angoisses est une manière d’éviter la souffrance.

Tout comme la douleur physique nous avertit d’une lésion, nous ne pouvons pas oublier que la douleur émotionnelle due à la séparation, au rejet ou à la déception, doit être écoutée, car elle nous aide à comprendre que quelque chose ne va pas bien et que nous devons prendre des mesures en conséquence.

Nous continuerons à être à l’affût de nouvelles études rigoureuses qui nous aident à comprendre encore mieux non seulement la présence de la douleur psychologique, mais également la manière de nous soulager et d’apprendre de l’angoisse qu’elle génère.

nospensees.fr

Nathalie J. Estevez



Catégories :Santé

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